Brisons les Chaînes

Libérons toutes les travailleuses et travailleurs (im)migrants de la subordination légale à leur employeur: abolissons les vieux éléments post-esclavagistes encore partie au Canada du droit de l’immigration!

Le Canada a créé une variété de programmes d’admission pour des ressortissants étrangers intéressés à venir y travailler. Des centaines de milliers d’individus viennent travailler au Canada grâce à ces programmes.

ADDPD_Brisons les chaînesParmi eux, il y a des travailleurs et travailleuses domestiques. Dans plusieurs cas, le gouvernement canadien émet des permis de travail lié à un employeur à ces travailleurs. Cela lie le travailleur ou la travailleuse à un employeur spécifique et crée des obstacles administratifs au changement d’employeur.

Alors que certains travailleurs peuvent continuer de résider au Canada sans être employés, les travailleurs et travailleuses domestiques doivent, quant à eux, appliquer pour un nouveau permis de travail, ce qui peut prendre des mois et ne garantit pas un nouvel employeur approuvé par le gouvernement.

Ces restrictions légales imposées à l’obtention d’un emploi alternatif signifient que les travailleurs et travailleuses domestiques sont extrêmement réticents à compromettre leur emploi. Cela entraîne un déséquilibre des pouvoirs entre l’employé(e) et l’employeur en faveur de ce dernier. Une conséquence directe de cette situation est l’augmentation du risque d’abus ou de violations de leurs droits humains ou de travail.

Jusqu’à ce que le gouvernement ne cesse de lier les permis de travail à un employeur spécifique, la peur d’être renvoyé et possiblement déporté, continuera de piéger les travailleurs et travailleuses domestiques dans une situation de servitude involontaire. Des conditions de travail atroces, les normes de travail diminuées, des conditions salariales illégales, un non-respect des normes de santé et sécurité, abus, intimidation, harcèlement sexuel, agression sexuelle, séquestration et une augmentation du risque d’être des victimes de la traite des êtres humains et/ou la servitude pour dette.

Toutefois, malgré des preuves accablantes des conséquences d’un permis de travail lié à un employeur spécifique, le gouvernement canadien n’a pas réussi à implémenter une réforme qui permette aux travailleurs et travailleuses domestiques de changer librement d’emploi. L’ADDPD a décidé qu’un réel changement nécessite l’intervention des cours de justice canadiennes.

La Charte des droits et libertés garantit un droit à la liberté et à la sécurité (incluant un droit d’accéder à la justice) pour toutes les personnes en sol canadien. Ces droits ne sont pas respectés par les permis de travail lié à un employeur spécifique émis par le gouvernement canadien. L’invalidation de ce type de permis et de mesure équivalents par les cours sera une étape concrète vers la promotion des droits des travailleurs et travailleuses domestiques au Canada et vers l’engagement du Canada envers le respect des droits et libertés fondamentales pour tous les êtres humains au pays.

Aussi, l’ADDPD a commencé en mars 2017 la préparation d’une requête devant les tribunaux visant la déclaration d’anticonstitutionnalité des politiques fédérales liant les travailleurs (im)migrants à un employeur spécifique au pays. Ensemble, nous pouvons travailler pour l’abolition de la législation fédérale qui permet au gouvernement canadien d’imposer des arrangements restrictifs pour les travailleurs et travailleuses (im)migrant(e)s.

Impliquez-vous et aidez-nous à briser les chaînes qui assujettissent les travailleurs et travailleuses (im)migrant(e)s à leur employeur: